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« la petite fille au napalm » ou The Terror of War 

Le 8 juin 1972, un avion sud-vietnamien largue des bombes au napalmLe photographe Nick Ut immortalise la scène sur la route 1 de Trang Bang,un village à environ 40 kilomètres au nord de Saigon (Sud-Vietnam) : Une petite fille âgée de 9 ans, Kim Phuc, qui hurle  « Trop chaud ! Trop chaud ! » « Je suis en train de mourir » en vietnamien. Elle court nue en flamme avec ses vêtements, carbonisés par le napalm, sur elle.

Au 1er plan, on aperçoit un jeune garçon, la bouche grande ouverte et les yeux fermés, courant, en panique.
Si l'on passe au plan suivant, on voit au centre de la photo Kim Phuc suivie par des jeunes enfants hurlants et en larmes. On peut remarquer qu'ils sont seuls sans leurs parents.
Au 3éme plan, on observe 3 soldats sud-vietnamiens et à droite David Burnett, le photographe de Life, rechargeant son appareil.
En arrière plan, un énorme nuage de napalm recouvre tout sur son passage.  

En une photo, le photographe met en lumière les conséquences d'un conflit : une guerre n'est jamais propre. 

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du photographe Huyng Cong Nick Ut pour l’agence Associated Press (AP)

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Portrait du jeune Nick Ut sur le front pour l'agence Associated Press (AP)

A 15 ans, Nick Ut (de son vrai nom Huỳnh Công Út) devient photographe pour l'agence de presse américaine Associated Press. C’est la mort de son frère journaliste, en plein exercice de ses fonctions, pour AP en 1965  qui l'a poussé à reprendre le flambeau et marcher dans les pas de son modèle.

Cette photo est l’une des premières photos virales bien avant l’arrivé d’internet et des réseaux sociaux. Le terme « viral » signifiant qu'elle a été diffusée mondialement en un laps de temps relativement court.

C’est la photo emblématique de la guerre du Vietnam qui, en plus de raconter l’histoire de ce conflit, de la petite fille au napalm, du journaliste, témoigne aussi journalisme de cette époque.

En effet il a fallu un certain temps pour que cette photo soit publiée. Il était illégal de publier des photos montrant de la nudité infantile ou féminine. Finalement la gravité de la scène l’emporta et les éditeurs publieront cette photo. Elle connut de nombreux découpages et titrages au fil des années.

Encore aujourd'hui, la photo subit la censure. En effet le PDG de Facebook, Mark Zuckerberg a déclaré "Bien que nous reconnaissions l'aspect iconique de cette photo, il nous est difficile de créer une distinction qui permettrait de publier la photo d'un enfant nu dans certains cas, et pas dans d'autres.". Suite au scandale, Facebook finira par annuler la censure de cette  photo sur ces réseaux. 

 

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Un moment d'émotion entre "Oncle Ut" et Kim
Photo de Damian Dovarganes pour l'agence Associated Press (AP)

Ut a couvert la seconde décennie de la guerre du Vietnam pour l'agence de presse. C’est en 1972 qu’il prend la photographie qui va changer sa vie et celle de Kim Phuc.

D'une part parce qu'il gagnera en 1973 le prix Pulitzer de la photographie d'actualité pour cette image.

Mais aussi parce qu'il sauvera la vie de Kim. Il s’occupera d’elle avant qu’elle soit prise en charge par les urgences grâce à sa carte de presse.

Encore aujourd’hui, la petite fille au napalm et son « oncle Ut » sont en contact et interviennent souvent ensemble pour témoigner de cet évènement et de la guerre du Vietnam en général.

En plus des séquelles psychologiques, cet événement laissera à Kim des brûlures au 3eme et 4eme degrés sur une partie de son corps. Ces brûlures la font souffrir énormément  et l'empêche de dormir correctement jusqu’en 2015 avant d’être traitées.

Elle a pendant de longues années détesté cette photo qui la renvoyait à ses séquelles.

A la suite de la publication de la photo, Phuc devient une mascotte du régime communiste vietnamien qui la gardera sous surveillance. Elle parvient à s’enfuir en 1994 avec son futur mari au Canada et fonde une famille.

Elle est aujourd’hui ambassadrice à l’UNESCO, fondatrice et directrice de la fondation KIM, un témoignage vivant des horreurs de la guerre et une porte-parole de la paix. 

En , elle a publiquement pardonné au révérend John Plummer, ancien pilote. Ce dernier a longtemps, à tort, affirmé être responsable du bombardement.

Récemment Kim Phuc a publié un livre "Sauvée de l'enfer" sur son histoire. Cette biographie est l'opportunité de suivre la vie de la petite fille au napalm aujourd'hui femme, hors du cadre d'une simple photo.

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Photographie des cicatrices douloureuses de Kim Phuc © YouTube

 S.O.  étudiant en L3 SPI IO QSE-DD, le 20 avril 2020

Sources : 

https://www.youtube.com/watch?v=dpqTfORqa8w&feature=emb_logo
https://www.lefigaro.fr/culture/2016/09/10/03004-20160910ARTFIG00056-facebook-annule-sa-censure-de-la-photo-historique-de-la-petite-fille-au-napalm.php
https://apnews.com/1bc4725ece764fcab754a99b030f0397/Nick-Ut,-AP-photographer-behind-%27Napalm-Girl,%27-to-retire
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 https://www.lemonde.fr/blog/realitesbiomedicales/2018/09/24/les-cicatrices-de-la-petite-fille-au-napalm-traitees-45-ans-apres/
https://www.lemonde.fr/asie-pacifique/article/2012/06/15/la-fille-de-la-photo-sort-du-cliche_1718256_3216.html?
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 https://www.francetvinfo.fr/culture/arts-expos/photographie/kim-phuc-la-petite-fille-au-napalm-photographiee-au-vietnam-il-y-a-47-ans-se-raconte-dans-sauvee-de-l-enfer_3647071.html


 

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